Ascomycètes et basidiomycètes hypogés.

 

1- ASCOMYCETES HYPOGES.

 

 

1 .1 Tuber melanosporum  Vitt. Truffe du Périgord – Rabasse – Diamant noir

Du latin : tuber = tumeur, gale devenu Truffe. On a longtemps cru qu’il s’agissait d’une gale des racines. Voir Dictionnaire Etymologique de L’Association Mycologique d’Aix-en-Provence : melas = noir + sporus = spores

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé), Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Réceptacle : globuleux, diamètre 1 à 6 cm (voir beaucoup plus). La couche externe brun noirâtre (péridium) est dure et formée de petites verrues polygonales à  6 faces striées. La gléba formant la chair presque rougeâtre au début devient noire et est marbrée de blanc (veines ramifiées).

Odeur : forte et agréable. Milieu et substrat  : hypogé sous chênes et noisetiers et nombreux autres arbres.

Saison : mûrit en hiver. Récolté en Dordogne. Leg. Jacques Boyer puis en Charente maritime le 01 02 2010.        Comestibilité: son appellation vernaculaire « Le diamant   noir » indique sa rareté, sa qualité gastronomique et sa valeur sur les marchés.

Asques : globuleux, contenant 1 à 6 spores (2-3 et 4 spores nombreux, une spore plus rares). Æ 85 – 90 µm.

Spores : elliptiques, brunâtre à noir opaque, appendices épineux (spinules) assez longs et serrés jusqu’à 6 µm (pas de réseau ou alors si fin qu’il n’est visible qu’au microscope électronique à balayage qui le montre interrompu, irrégulier. 20-30-(55) x 18-21(35) µm, les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’asque.

image 1 Melano

 

 

1.2 Tuber brumale  Vitt. Du latin :  bruma = hiver : Truffe d’hiver

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé). Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Sporophore : subglobuleux, diamètre 1 à 3 cm (voir 6) possède une fossette. La couche externe noire (péridium jamais rougeâtre), quoique dure, est facilement séparable de la chair. Elle est formée de petites verrues polygonales très peu saillantes (5 à 6 faces), sillonnées non striées, dont le centre déprimé est occupé par un petit picot. La gléba formant la chair presque blanche au début devenant brun gris sur le tard est veinée de blanc (veines grossières et épaisses). Odeur : agréable.

Milieu et substrat  : hypogé sous chênes formant de nombreuses troupes dans les truffières.

Saison : novembre à mars. Récolté en Dordogne. Leg. Jacques Boyer puis Charente maritime.

Observations microscopiques :

Asques : sphériques ou elliptiques, contenant 1 à 5 spores (asques à 2-3 et 4 spores nombreux, à 5 spores plus rares). Diamètre moyen 85 – 90 µm.

Spores : elliptiques, jaune à brunâtre clair, entourées d’une masse gélatineuse hyaline, appendices épineux,  très longs jusqu’à 6 µm devenant flexueux (pas de réseau).

Les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’ asque, 20-36-(50) x 18-22(30)µm    Pour information : « La truffe paie le déclin de la biodiversité » par Yannick Groult – http://www.laterre.fr/. Pour Pierre Sourzat, directeur technique de la station d’expérimentation trufficole de Cahors-le Montat, la truffe du Périgord  est victime de l’industrialisation de l’agriculture. Un déclin qui laisse la place à une autre espèce, Tuber brumale.

-P.S. « …Avec l’industrialisation et la simplification des méthodes culturales, les terres peu productives ont été abandonnées et se sont reboisées, favorisant Tuber brumale, une espèce forestière, au lieu de Tuber melanosporum. Depuis trente ans, elle est de plus en présente dans les récoltes. Finalement, la truffe paie le déclin de la biodiversité. »

-Y.G….Cette autre espèce est-elle vraiment indésirable ?

-P.S. « …Elle se vend 200 euros le kilo au lieu de 800 pour la melanosporum, c’est dire ! Les arômes de la brumale présentent des pointes herbacées plus ou moins agréables. On ne peut pas la consommer fraîche, il faut la cuisiner. »

-Y.G….Pourquoi Tuber brumale prend-elle la place de Tuber melanosporum ?

-P.S. « …La melano naît vers mi-juin, mais la brumale peut apparaître en automne ou au printemps. Et surtout, des chercheurs d’Italie ont découvert qu’elle a un pouvoir contaminant 10 000 fois supérieur ! En outre, la culture des truffières avec des outils tractés disperse ses spores. Finalement, la brumale se développe mieux dans des conditions difficiles. »

 

 

1.3 Tuber aestivum Vitt. Du latin :  aestivus = de l’été :Truffe de la Saint Jean  ou  Truffe d’été. 

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé). Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Ascome : subglobuleux irrégulier, diamètre 3 à + de 10 cm pour 30 à + de 200 grammes, péridium noir composé de verrues polygonales et pyramidales de grande taille, striées et sillonnées, très dures avec des arêtes vives. Le péridium ne se sépare pas de la gléba mais les verrues éclatent à maturité.

Chair : gléba presque entièrement blanchâtre au début, elle devient jaunâtre puis brune à maturité parcourue de nombreuses petites veines blanches (orangées à la périphérie) putrescible sur le tard.

Odeur : forte et désagréable (pour une récolte girondine)  mais qualifiée d’intense et agréable dans la littérature.

Saveur : faible. Qualité gustative : aucune valeur. Milieu et substrat : hypogé (peu profond) et apparaissant à la surface de la terre, sous charmes pour nos récoltes mais aussi noisetiers, chênes. Saison : mai à septembre.

Plusieurs récoltes en Dordogne et Gironde. Leg. J. Boyer et J.B.C.

Remarques : Les bons critères de détermination sont …

–          l’apparition à la surface de la terre à maturité complète

–          la maturité complète en mai, juin et début juillet (pour nos découvertes)

–          la forte taille des verrues

–          la couleur de la gléba (ne devenant jamais complètement noire).

Observations microscopiques :

Le manteau est formé de cellules polygonales.

Asques : sphériques à elliptiques. Diamètre moyen 90 µm.

Asques contenant principalement 2 à 4 spores mais peu nombreux contenant une, cinq ou six spores.

Spores : elliptiques, jaunâtres à brunâtres pâles, translucides et  guttulées avant maturité (planche 1).

A maturité, elles sont entourées d’une masse hyaline et pourvues d’appendices épineux (spinules) à base triangulaire de 4 à 6 µm reliés par des crêtes formant un réseau alvéolé irrégulier mais très marqué (ornementation sporale interrupto-réticulée). Les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’asque.

Pour la littérature 25-45 (50) x 18-36 (40) µm.

Pour nos récoltes, dans une moyenne  de 20-32 (40) x 18 -26 (30)µm.

 

1.4 Tuber excavatum Vitt. Du latin : excavare = creuser : Truffe jaune – Truffe creuse

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé). Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Sporophore : subglobuleux parfois percé (cavités) au centre le plus souvent (parfois vers la marge), diamètre 1 à 3 cm (voir +), de couleur brun roux à rouge jaune virant à obscure sur le tard. Le cortex épais, lisse, est dur et se décolle parfois de la chair en cas de forte dessiccation.

Chair : gléba ocre brun à brun rouge veinée de blanc présentant une à deux ou trois cavités.

Milieu : hypogé sous chênes ou noisetiers.

Saison : hiver. Fréquence : courant mais pas en nombre important. Récolté en Dordogne. Leg. Jacques Boyer, puis Charente maritime.

Observations microscopiques :

Asques : sphériques, contenant 1 à 5 spores (asques à 4 spores nombreux, à 5 spores rares. Diamètre moyen 100  x 90 µm.

Spores : elliptiques, hyalines à brunâtres, entourées d’une masse gélatineuse hyaline. Appendices épineux  longs jusqu’à 5 µm reliés par de fortes crêtes formant un réseau polygonal très marqué. Les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’asque. Dans cette récolte, les asques contiennent surtout quatre spores et les dimensions obtenues sont dans une moyenne de 30-40x 25-30 µm. Le réseau complet étendu à la totalité de la surface sporale forme des alvéoles parfaites. Il apparaît à l’intérieur de ces alvéoles, un réseau incomplet, très fin, que l’on pourrait qualifier de  » réseau secondaire »

 

 

1.5 Tuber mesentericum  Vitt. Du grec : mesentêrion = mésentère (membrane de l’intestin) forme contournée : Truffe mésentérique

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé).Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Réceptacle : globuleux irrégulier, creusé d’une dépression (excavation), diamètre 3 à 6 cm (parfois plus). La couche externe brun rougeâtre (péridium) dure est formée de petites verrues polygonales à 5 – 6 faces.

La gléba formant la chair presque rougeâtre au début devient grise et est parcourue de veines ramifiées.

Odeur : faible. Milieu et substrat : hypogé sous chênes et noisetiers en terrain calcaire.

Saison : mûrit en hiver. Récoltée en Dordogne. Leg. Jacques Boyer.

Comestibilité : nettement moins de valeur que la truffe du Périgord.

Asques : globuleux, contenant 1 à 5 spores (asques à 2-3 et 4 spores nombreux, à 1 et 5-6 spore plus rares). Diamètre moyen 90 µm.

Spores : elliptiques, jaunâtre à brun foncé, entourées d’une masse gélatineuse hyaline, appendices épineux (spinules) assez longs jusqu’à 6 µm et réseau marqué. Les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’asque, 20-36-(40) x 18-24(30)µm .

Image 8 Tuber mesentericum ascome

1.6 Tuber rufum  Vitt. Du latin : rufus = roux, brun rougeâtre. Truffe rousse – Truffe nez de chien.

Sous-Classe Discomycetideae…ensemble particulier (mode de vie hypogé). Ordre Tuberales   Famille Tuberaceae    Genre Tuber

Réceptacle : petite truffe subglobuleuse, diamètre 2 à 4 cm. La couche externe brun rougeâtre (péridium) est lisse et peu épaisse. La gléba blanche avant maturité est molle mais compacte devient brunâtre à noire et possède de fines veines plus claires. Odeur : rapidement très désagréable.

Saison : mûrit en hiver. Milieu : récoltée (par le chien truffier) en Charente maritime sur un chemin bordé de feuillus et conifères mêlés permettant  un accès direct à la plage !

Comestibilité : aucune. Remarque : sa présence pourrait annoncer celle de Tuber melanosporum  et faciliterait le dressage des chiens (voir littérature).

Asques : globuleux, contenant 1 à 5 spores (asques à 2-3 et 4 spores nombreux, à 1 et 5 spores plus rares). Diamètre moyen 90 µm.

Spores : elliptiques, jaunâtre à brun foncé, appendices épineux serrés (spinules) assez longs jusqu’à 6 µm. Les dimensions des spores dépendent de leur nombre dans l’asque, 18-25 x 17-18,5 µm .

image 8 tuber rrufum

 

 

2-  BASIDIOMYCETES HYPOGES

2.1 Melanogaster broomeianus  Berk. & Tul. Du grec : melanos = melas = noir + gaster = ventre, intérieur (gléba). Dédié à Broome C.

Basidiomycota  –  Homobasidiomycète. Ordre Melanogastrales   Famille Melanogastraceae   Genre Melanogaster

Sporophore : hypogé subglobuleux, diamètre 1 à 6 cm. La couche externe brun ocracé à brun rougeâtre (péridium) est lisse et peu épaisse. La gléba, presque blanche au début, molle à aspect marbré, formée de logettes, devient brun gris sur le tard. Elle est veinée de blanc (veines grossières et fines). Odeur : « fruitée » + ou – agréable.

Milieu et substrat  : hypogé sous feuillus, mais aussi rarement sous conifères, forment de nombreuses troupes.

Saison : récolté sur l’île de Ré en avril où ils apparaissaient en surface évitant le recours à un chien truffier.

Observations microscopiques :

Basides : petites et ventrues, elles supportent de 2 à 8 spores.

Spores : cylindriques, jaune à brunâtre clair, parois épaisses, restes de stérigmate présents, 8-10 x 3-4,5 µm.

2.2 Hymenogaster olivaceus Vitt. Du grec : umen = hymen ou hyménium + gaster = ventre, intérieur (gléba), et du latin : oliva + suff. aceus = olivacé.

Basidiomycora  –  Homobasidiomycète. Ordre Hymenogastrales   Famille Hymenogastraceae   Genre Hymenogaster

Sporophore : très petit réceptacle hypogé subglobuleux bosselé à + ou – cylindrique, 2 à 3 cm. La couche externe blanchâtre à brun jaunâtre (péridium) puis presque noire est lisse et peu épaisse.

La gléba, presque blanche au début, molle formée de cellules labyrinthiformes, devient jaunâtre puis brun olivacé très sombre sur le tard. Odeur : sans pour nos exemplaires.

Milieu et substrat : hypogé sous feuillus, dans les truffières.

Saison : récolté en début d’hiver en Charente maritime en ayant recours au chien truffier.

Observations microscopiques :

Basides : non observées.

Spores : fusiformes à citriformes avec une périspore épaisse paraissant très finement granuleuse, jaune à brunâtre clair, restes de stérigmate.

Notre récolte 19-23 (25,5) x 11,3-13 (15,9) µm mais pour la littérature  20-40 x 11-18 µm.

Remarque : la littérature indique que les Hymenogaster comprennent de nombreuses formes ou variétés toujours discutées par les auteurs à cause de la très importante variabilité des caractères des spores d’où de nombreuses synonymies. H. olivaceus = H. decorus Tull. ou H. pallidus Berk. & Br. Certaines espèces possèdent des spores lisses tandis que d’autres sont ornementées (verruqueuses) ou sont entourées d’une périspore fortement étalée dans des dimensions beaucoup plus grandes.

 

 

Une étude de Jacques Beck Ceccaldi


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