Chlorophyllum brunneum (Farl. & Burt) Vellinga, 2002. Lépiote vénéneuse, Lépiote déguenillée des jardins.

Chlorophyllum brunneum (Farl. & Burt) Vellinga.

Synonymes :   

Lepiota brunnea Farlow & Burt (1929) , Icones Farlowianae, p. (8), pl. 6 (Basionyme)
Lepiota rhacodes var. hortensis Pilát (1952) [1951], Klic kurcováni našich hub hribovitých a bedlovitých, p. 422
Lepiota bohemica Wichanský (1962) , Mykologický sbornik, 39, p. 12
Macrolepiota rhacodes var. hortensis (Pilát) Wasser (1980) , Flora fungorum RSS Ucrainicae: Agarikovye griby, p. 298, tab. 28 (nom. inval.)
Macrolepiota bohemica (Wichanský) Krieglsteiner & Pázmány (1985) , Zeitschrift für mykologie, 51(1), p. 53
Macrolepiota rhacodes var. bohemica (Wichanský) Bellù & Lanzoni (1987) , Beiträge zur kenntnis der pilze mitteleuropas, 3, p. 191
Macrolepiota rhacodes var. brunnea (Farlow & Burt) Candusso (1990) , Fungi europaei, 4, Lepiota (s.l.), p. 535, pl. 68
Macrolepiota brunnea (Farlow & Burt) Wasser (1993) , Libri botanici, 9, p. 82
Chlorophyllum brunneum (Farlow & Burt) Vellinga (2002) , Mycotaxon, 83, p. 416.

 

 

 

Description macroscopique :

Chapeau : 70-150 mm, d’abord bien fermé, en boule un peu amincie vers le haut, puis convexe et enfin étalé et alors presque horizontal avec le centre en léger relief et l’ambitus bossueux. Marge d’abord fermée puis droite et légèrement excédent, nettement incisée, déchiquetée mais peu profondément. Revêtement à fond blanc, mais avec un grosse plaque cohérente, arrondie de manière irrégulière et parfois incisée brun foncé au disque puis nettement excorié dans la partie médiane en grande plaques rectangulaires, trapézoïdales, avec parfois l’arête externe angulaire, fibrilleuses à la naissance et granuleuses vers l’extérieur, de couleur brun clair à brun foncé vers l’extérieur. Et finalement, à l’ambitus, pelucheux, squamuleux, squamules fibrilleuses, blanches puis brunissant depuis l’extrémité.

Lames : jusqu’à 15 mm, ventrues, serrées, libres, blanchâtre à crème, pouvant brunir plus ou moins. Arête finement et légèrement fimbriée, concolore mais pouvant brunir.

Stipe : 100-150 x 13-20 mm à mi rayon, droit ou un peu arqué, s’épaississant régulièrement jusqu’à un gros bulbe rond, bien marqué mais non marginé. Strié à la loupe, Blanchâtre mais vite lavé de brun pâle, ne se déboitant pas, creux. Anneau bien formé, infère, plus ou moins coulissant, cohérent, membraneux contre le stipe, plus frangé à l’extrémité qui peut être dédoublée comme confusément rainurée. Blanc vite bruni à l’extrémité et à la jonction avec le stipe.

 

 

 

Chair : D’abord assez ferme puis vite amollie, blanche, mais devenant orangé à orangé rouge à la coupe puis brunissant en particulier dans le stipe.

Description microscopique : 

Spores (A) : 8,2) 8,7 – 10 (11) x (5,7) 5,8 – 6,6 (7,6) μm ; Q = (1,4) 1,43 – 1,6 (1,7) ; N = 110 ; Me = 9,4 x 6,2 μm ; Qe = 1,5 ; elliptiques à globuleuses, guttulées, à pore germinatif bien visible. Basides (B) : 31,9-33,4 x 7,6-8,5 μm, clavées ventrues, quadrisporiques, parfois bouclées. Cheilocystides :.16,7-24,3 – 12,2-14,6 μm, celluleuse, boucles observées.
Trame hyméniale (D) : partiellement bouclée.
Articles du suprapelis (E) : 3,5-13 μm de large, en chapelets dressés.

 

 

 

Poils de la marge :

 

 

 

Discussion :

En 2003, Vellinga créait le genre Chlorophyllum dans lequel est désormais classé Macrolepiota rhacodes et ses anciennes variétés. L’inventaire national a entériné sous le nom d’espèce brunneum, non seulement les différentes variétés de rhacodes mais également une espèce indépendante, venenata. Pourtant Monsieur Marcel Bon distinguait sa venenata de lepiota rhacodes v. hotensis (devenue ensuite Lepiota rhacodes v. bohemica) par quelques différences macroscopiques comme la disposition des écailles du chapeau et le fait que venenata aurait un anneau simple, alors qu’il est double pour la varié de rhacodes. Il précisait également qu’au point de vue microscopique, venenata n’aurait pas de boucle alors que rhacodes v. bohemica en possèderait. Il faut reconnaître cependant que les boucles sont si rares chez la variété qu’il est difficile de maintenir une différence sur ce critère.
Quoiqu’il en soit cette espèce est pour le moins suspecte, et généralement considérée comme toxique, tout comme lepiota rhacodes type. On s’abstiendra donc de consommer les espèces de ce groupe.

Une autre polémique autour de cette C. rhacodes dont le qualificatif est parfois transcrit en rachodes, (voir pour exemple sur Index Fungorum qui semble très strict sur les règles de la taxinomie) ; cette erreur tire son origine de l’auteur même de l’espèce, Vittadini (1835), qui a mal orthographié l’épithète rhacodes en rachodes ; du grec rakos = lambeau, déguenillé, erreur car en grec il y a un kapa << k >> et non un chi << ch >> (Yves Bresson // Dictionnaire étymologique des noms scientifiques de champignons // p.148 ==>> La graphie RACHODES est erronée car en grec il y a un kapa « k » et non pas un chi « ch » !)… bref, une erreur que les puristes conservent puisque qu’en théorie, le nom est donné, et tant pis pour l’erreur, on doit conserver !

Si l’on reprend tous nos manuels, même les moins poussiéreux, voilà un champignon qui côtoyait et trônait au beau milieu des Macrolepiota, un genre réputé pour ses champignons de bonnes qualités de bouche (enfin presque tous !).

Quelques progrès de la science, deux trois investigations aux cœurs des cellules et de l’ADN et voilà notre Macrolepiota rhacodes poussée hors du genre pour rejoindre le groupe fermé des Chlorophyllum et partager ce nouvel espace aux côtés de Chlorophyllum molybdites, la lépiote de Morgan, une lépiote inconnue chez nous puisqu’elle est exotique, éventuellement présente dans nos serres ; champignon très semblable à Chlorophyllum rhacodes mais avec la particularité d’une sporée verdâtre.
Un champignon toxique et responsable d’intoxications en région tropicale en raison de sa forte ressemblance à C. rhacodes.

Ce genre Chlorophyllum (sporée verdâtre) est longtemps resté monospécifique (1 esp.) avec C. molybdites (CD* 1994 p.250) et « Else C. Vellinga, may 2008 » << Originally the genus only accommodated green-spored species, like the poisonous Chl. molybdites.>> ;
==> Le CD* de 2011 p.228 voit ce genre passer à 5 esp. ;
==> Else Vellinga dans sa clé du genre Chlorophyllum (propre à l’Amérique du Nord) : 6 esp.

Comestibilité : TOXIQUE : Syndrome résinoïdien ou gastro-enteritique. Ne jamais récolter les champignons ayant poussés sur sols riches en matières nutritives ou lieux fortement pollués : tas de fumiers, composts de jardins, décombres ou anciens décombres, prairies, parcs, jardins, bords de routes … tous lieux douteux… L’ortie reste un bon indicateur des lieux à exclure pour la cueillette de champignons, cette plante très connue de tous apprécie particulièrement les sols riches en nitrates et les anciens décombres. 

Bibliographie :

– Mycobank,

-Christian Frund (champis.net),

– ChamYves.

1- Chlorophyllum brunneum chapeaux

JB. Images et microscopie : J. Beck Ceccaldi. 2018.


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